Dakar, le 20 juillet 2026 – Dans le cadre du Congrès international de la Journée de Nelson Mandela, qui s’est tenu les 18 et 19 juillet au campus ISM Baobab de Dakar, la professeure cubaine Yuleidys González Estrada, docteure en sciences philosophiques et professeure titulaire à l’Université des Ciences de l'information (UCI), a présenté la communication intitulée « Mandela et Fidel Castro : culture, peuple et internationalisme dans la révolution sociale du Tiers-Monde » lors de la table ronde intitulée « Contributions of the Global South to the Emergence of Democratic South Africa », qui s’est tenue le dimanche 19 juillet.
La chercheuse, qui est également militante féministe et antiraciste, a ouvert son intervention avec la chanson « Nelson Mandela, ses deux amours » de l’auteur-compositeur-interprète cubain Pablo Milanés, et a posé à l’auditoire une question qui a guidé l’ensemble de son exposé :
« Pourquoi parler d’amour alors que je vais m’exprimer sur la pensée de deux révolutionnaires ? Pour deux raisons : premièrement, la révolution sociale est un acte d’amour profond et, deuxièmement, dans ce monde rempli de haine et de guerres, parler d’amour, c’est faire de la résistance. »
Partant de ce postulat, Mme González Estrada a mené une analyse comparative entre les héritages de Nelson Mandela et de Fidel Castro, en défendant deux hypothèses centrales. Premièrement, que ces deux dirigeants concevaient la révolution comme une transformation culturelle destinée à démanteler l’univers symbolique hérité du colonialisme : le racisme, la marginalisation des pauvres, la spoliation des terres et le monopole élitiste de l’éducation. Deuxièmement, que l’unité anti-impérialiste du Tiers-Monde repose sur une éthique de réciprocité, telle qu’elle est comprise dans l’Ubuntu : « je suis parce que nous sommes ».
L'intervention a souligné la pérennité de la solidarité cubaine avec l'Afrique, en mentionnant tout particulièrement la bataille de Cuito Cuanavale et la reconnaissance expresse que Nelson Mandela a témoignée à l'internationalisme cubain lors de sa visite sur l'île en 1991. Cette approche s’inscrivait directement dans le thème général du congrès : « De-solidarisation and the shifting world order: rereading Mandelism to rebuild bonds and meaning » (Désolidarisation et évolution de l’ordre mondial : relire le mandélisme pour reconstruire les liens et le sens).
Le congrès, qui a réuni des intellectuels, des militants et des dirigeants politiques de plusieurs pays, a également été marqué par la conférence inaugurale du Dr Mathews Phosa, vétéran de l’ANC et co-rédacteur de la Constitution sud-africaine de 1996, à qui un doctorat honoris causa a été décerné lors de l’événement.
La participation de cette universitaire cubaine s’inscrit dans le cadre des liens historiques de coopération entre Cuba et l’Afrique, ainsi que dans les axes de travail des organisations partenaires de l’événement — parmi lesquelles la Rosa Luxemburg Stiftung et TrustAfrica — visant à renforcer les initiatives africaines en faveur de la justice économique, de la démocratie et des droits de l’homme.
De même, leur présence au Sénégal contribue à l'échange d'expériences dans le domaine universitaire, en mettant en valeur le haut niveau scientifique dont fait preuve Cuba, un aspect que le leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz, a toujours défendu en affirmant que l'avenir de Cuba devait être celui des hommes de science ; ce qui constitue ainsi un hommage significatif à l'occasion du centenaire de sa naissance. (EMBACUBA SENEGAL-Oficina de Comunicación / Colaboradores externos)


