Cuba dénonce à l’UNESCO l’impact du durcissement extrême du blocus, en particulier du siège énergétique et des mesures visant à entraver les liens du pays avec le reste du monde

Cuba dénonce à l’UNESCO l’impact du durcissement extrême du blocus, en particulier du siège énergétique et des mesures visant à entraver les liens du pays avec le reste du monde

Paris, le 17 juin 2026. – L’Ambassadrice, Représentante permanente de Cuba auprès de l’UNESCO, María del Carmen Herrera Caseiro, a dénoncé aujourd’hui devant la 11e Assemblée générale des États parties à la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel les graves conséquences du durcissement sans précédent du blocus économique, commercial et financier imposé par le gouvernement des États-Unis contre Cuba depuis plus de six décennies.

La représentante cubaine a particulièrement insisté sur l’impact des mesures adoptées en janvier et en mai de cette année par l’actuelle administration américaine, destinées à bloquer totalement l’approvisionnement du pays en carburant et à entraver les relations économiques, commerciales et financières de Cuba avec le reste du monde. Elle a également dénoncé le fait que ces actions se déroulent dans un contexte de menaces explicites d’agression militaire contre son pays.

L’Ambassadrice a expliqué que les conséquences touchent directement le secteur culturel, affectant le fonctionnement des maisons de la culture, des musées, des archives, des centres de recherche et des espaces communautaires où se transmettent les connaissances, techniques et pratiques traditionnelles. Elle a également dénoncé les obstacles à l’acquisition d’équipements, de matériels et de fournitures indispensables à la documentation, à la recherche, à la préservation et à la promotion du patrimoine vivant, ainsi que les barrières imposées à la coopération internationale encouragée par la Convention.

À cet égard, elle a souligné que les mesures coercitives unilatérales imposées à Cuba constituent un sérieux obstacle à la continuité des expressions culturelles et portent atteinte aux droits culturels fondamentaux du peuple cubain.

Au cours de son intervention, la diplomate a réaffirmé le ferme engagement de Cuba en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qu’elle a qualifié d’expression de la souveraineté, de l’identité nationale et de la défense de la richesse culturelle du pays.

Elle a également mis en avant les progrès accomplis par Cuba dans la mise en œuvre de la Convention, notamment l’inscription multinationale des connaissances et pratiques traditionnelles liées à la préparation et à la consommation du cassave, aux côtés de plusieurs pays d’Amérique latine et des Caraïbes, ainsi que l’inscription de la Pratique du Son cubain sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en décembre 2025.

Elle a annoncé la tenue à La Havane, du 29 juin au 2 juillet prochains, du IIe Congrès international du patrimoine culturel, témoignant de l’engagement de Cuba envers la mise en œuvre de la Convention malgré les conditions difficiles auxquelles le pays est confronté.

L’intervention est reproduite ci-après dans son intégralité :

Monsieur le Président,

Permettez-moi tout d’abord de vous féliciter pour votre élection à la présidence de cette Assemblée ainsi que les membres du Bureau.

Nous remercions le Secrétariat pour le rapport exhaustif présenté sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la Convention au cours du biennium 2024-2026 et lui exprimons notre reconnaissance pour son travail soutenu et son engagement envers cet Instrument.

Cuba demeure fermement engagée dans la sauvegarde et la protection du patrimoine culturel et accorde une attention particulière au patrimoine immatériel, en tant qu’expression de la souveraineté, de l’identité nationale et de la défense de la richesse culturelle de la nation.

Nous saluons tout particulièrement les efforts de renforcement des capacités, la coopération régionale et l’accompagnement apporté aux États. Cuba a participé à nombre de ces initiatives, notamment celles liées à la protection du patrimoine culturel des communautés d’ascendance africaine ainsi qu’à l’articulation entre patrimoine culturel immatériel, tourisme durable et développement local.

En 2024, nous avons célébré l’inscription multinationale des connaissances et pratiques traditionnelles liées à la préparation et à la consommation du cassave, aux côtés de quatre pays de notre région, une reconnaissance qui rend hommage à l’héritage vivant des peuples autochtones des Caraïbes et de l’Amérique latine. De même, en décembre 2025, la Pratique du Son cubain a été inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, constituant une reconnaissance internationale de l’une des expressions les plus authentiques et universelles de l’identité culturelle cubaine.

Cependant, ces efforts se sont déployés dans des circonstances extraordinairement difficiles en raison du blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis depuis plus de six décennies, lequel a été renforcé à des niveaux extrêmes ces dernières années, notamment à travers les mesures adoptées en janvier et en mai de cette année visant à bloquer totalement l’approvisionnement du pays en carburant et à entraver les relations économiques, commerciales et financières de Cuba avec le reste du monde. Tout cela s’inscrit, en outre, dans un contexte de menaces explicites d’agression militaire contre le pays.

Les conséquences touchent directement le secteur culturel, affectant le fonctionnement des maisons de la culture, des musées, des archives, des centres de recherche et des espaces communautaires où se transmettent les connaissances, techniques et pratiques traditionnelles ; elles entravent également l’acquisition d’équipements, de matériels et de fournitures indispensables à la documentation, à la recherche, à la préservation et à la promotion du patrimoine vivant, tout en imposant des obstacles au développement de la coopération internationale promue par cette Convention.

La sauvegarde du patrimoine culturel immatériel requiert des communautés vivantes, des espaces de transmission actifs et des conditions matérielles minimales permettant d’assurer la continuité de ses expressions culturelles. Les mesures coercitives unilatérales imposées à Cuba constituent un sérieux obstacle à ces objectifs et portent atteinte aux droits culturels fondamentaux de notre peuple.

Monsieur le Président,

Malgré ces difficultés, Cuba ne renonce pas à son engagement envers la mise en œuvre de la Convention. À cet égard, le IIe Congrès international du patrimoine culturel se tiendra à La Havane du 29 juin au 2 juillet prochains.

Dans un monde frappé par les conflits, Cuba continuera à promouvoir la culture comme un instrument indispensable à la préservation de la paix.

Je vous remercie.

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