Oyem-Zogongone, province du Woleu-Ntem, 3 août 2026.- En présence du 5e vice-président du Sénat de la République gabonaise, Marc Ona Essangui, du gouverneur de la province du Woleu-Ntem, Jules Djéki, de l'ambassadeur de Cuba au Gabon, Alex García González, et de nombreux habitants de la localité de Zogongone, la première Caravane Médicale Cubano-Gabonaise du département du Woleu s'est déroulée du 30 juillet au 3 août, une initiative de coopération sanitaire organisée en hommage au leader historique de la Révolution cubaine, Fidel Castro Ruz, à l'occasion du centenaire de sa naissance.
Des mains cubaines et gabonaises, une seule équipe**
Le trait distinctif de cette journée a été le travail main dans la main des équipes médicales des deux pays. Une dizaine de spécialistes cubains — parmi eux des internistes, ophtalmologues, endocrinologues, cardiologues et stomatologues — se sont associés à des médecins gabonais venus du Centre Hospitalier Régional d'Oyem (CHRO), du Centre de santé « Dr Toussaint Engongah Beka » de Zogongone lui-même, ainsi que d'autres structures sanitaires de la région, formant ainsi une seule équipe soignante. À eux se sont joints, dans diverses fonctions d'appui, plusieurs médecins, infirmiers et techniciens gabonais formés ces dernières années dans les universités cubaines et exerçant aujourd'hui dans leur pays — une génération que l'ambassadeur García González a qualifiée, dans son discours d'Oyem, d'« ambassadeurs des valeurs de la Révolution cubaine » partout où ils sont passés.
Cette combinaison d'expérience clinique cubaine et de connaissance du terrain gabonais a été, selon les organisateurs eux-mêmes, la clé qui a permis de maintenir le rythme de la prise en charge tout au long des cinq jours de la journée médicale, malgré l'ampleur de la demande.
**La réponse de la population : un véritable raz-de-marée**
Dès le premier jour, des centaines de patients venus de tout le département du Woleu et de la commune d'Oyem se sont déplacés vers la petite localité de Zogongone, située à seulement six kilomètres du chef-lieu provincial, pour bénéficier de soins médicaux gratuits. L'affluence a été telle que la presse locale a décrit le phénomène comme une véritable « ruée » de malades vers le centre de santé.
Les patients ont été pris en charge dans les services de médecine interne et externe, ophtalmologie, endocrinologie, cardiologie et stomatologie, entre autres spécialités. Le programme comprenait également des interventions chirurgicales, des séances de conseil et d'orientation médicale, ainsi que la distribution gratuite de médicaments à ceux qui en avaient besoin.
*Note sur les chiffres :* à la clôture de cet article, ni l'organisation de la caravane ni les autorités sanitaires gabonaises n'ont publié de bilan officiel indiquant le nombre total de consultations, d'interventions chirurgicales ou de patients pris en charge durant les cinq jours de la journée médicale. Les sources consultées s'accordent à parler de « centaines » de personnes bénéficiaires, dans la lignée de caravanes médicales similaires menées cette année dans d'autres provinces du pays, qui ont oscillé entre plusieurs centaines et plus d'un millier de patients sur des journées de deux à trois jours. Dès que le bilan définitif de Zogongone sera connu, ce chiffre pourra être intégré.
**L'annonce et le soutien politique**
L'initiative avait été présentée quelques jours auparavant lors d'une conférence de presse organisée à l'Ambassade de Cuba au Gabon, réunissant le vice-président Ona Essangui — principal initiateur du projet — et l'ambassadeur García González. À cette occasion, le diplomate cubain a replacé la caravane médicale dans la longue trajectoire de la coopération sanitaire de l'île avec le continent africain, rappelant que plus de 30 000 étudiants africains ont été formés dans les universités cubaines depuis le triomphe de la Révolution. Selon les données communiquées lors de cette rencontre, depuis 1963, plus de 600 000 professionnels de santé cubains ont exercé dans 160 pays, et aujourd'hui encore, environ 24 000 collaborateurs cubains sont déployés dans 56 pays à travers le monde.
Le sénateur Ona Essangui, de son côté, a insisté sur la nécessité de pérenniser ce type d'opération, envisagée comme un rendez-vous annuel, afin de banaliser l'accès aux soins dans les zones les plus reculées de la province, appelant l'État à renforcer les centres de santé communaux, souvent les mieux équipés en zone rurale.
**« On ne peut pas parler de coopération médicale cubaine au Gabon sans parler de Fidel »**
Lors de la cérémonie officielle de lancement de la caravane à Oyem, l'ambassadeur cubain a rendu un hommage empreint d'émotion au leader historique de la Révolution, dont on commémore cette année le centenaire de la naissance. Il a rappelé que c'est la pensée de Fidel Castro qui, dès les premières années de la Révolution, a conduit la médecine cubaine au-delà des frontières de l'île, et que de cette conviction est née, en 2004, la présence des premières brigades médicales cubaines sur le sol gabonais — une coopération qui, depuis, ne s'est jamais interrompue et qui a désormais atteint les neuf provinces du pays. Plus de deux cents coopérants de la santé — médecins, infirmiers, ingénieurs et techniciens — ont intégré ces brigades, dont le moment le plus exigeant est survenu avec la pandémie de COVID-19, lorsque plus de cent soixante collaborateurs cubains sont venus renforcer le système de santé gabonais à la demande urgente de son gouvernement.
Le diplomate a également évoqué les dizaines de médecins gabonais formés dans les universités cubaines, ainsi que la pensée de Fidel sur la médecine préventive et communautaire, esprit qui, a-t-il souligné, anime précisément cette caravane : il ne s'agit pas seulement de répondre à une consultation ponctuelle, mais de semer l'idée que la santé se cultive chaque jour, au plus près des gens. Il est également revenu sur le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba depuis plus de soixante ans, affirmant qu'à chaque nouvelle sanction, Cuba a répondu en envoyant davantage de médecins, et non moins.
L'ambassadeur a remercié le soutien historique du Gabon à la cause de la levée du blocus, exprimé à plusieurs reprises dans les enceintes internationales — le plus récent étant la prise de position du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema devant l'Assemblée générale des Nations Unies — et a rappelé la relation personnelle entre Fidel Castro et le président Omar Bongo Ondimba comme fondement historique de l'amitié cubano-gabonaise que poursuivent aujourd'hui leurs peuples et leurs gouvernements. Il a conclu son intervention en citant la célèbre formule de Fidel Castro, prononcée lors d'un discours en Argentine en mai 2003 : « des médecins, pas des bombes », qu'il a qualifiée de boussole pour toute l'humanité.
**Une relation bilatérale en plein essor**
La caravane de Zogongone s'inscrit dans un moment de dynamisme particulier des relations entre La Havane et Libreville. En septembre 2025, le président Oligui Nguema a eu un entretien à Cuba avec le président Miguel Díaz-Canel Bermúdez, à l'issue duquel ont été signés un accord-cadre de coopération, un accord relatif à l'exécution des sentences et un accord dans les domaines de l'agriculture et de l'élevage ; lors de cette visite, le chef de l'État gabonais a rendu hommage à Fidel Castro au centre de mémoire qui porte son nom à La Havane. En mai 2026, en marge de la 79e Assemblée mondiale de la Santé à Genève, les deux pays ont réaffirmé leur volonté de consolider la coopération sanitaire, avec l'annonce de l'arrivée de 18 professionnels de santé cubains supplémentaires à Libreville entre juin et juillet 2026.
Avec la clôture de cette première édition de la caravane médicale dans le Woleu, Cubains et Gabonais réaffirment ainsi, dans la pratique quotidienne de la solidarité et le travail conjoint de leur personnel soignant, l'héritage de ceux qui ont posé, il y a plus de cinq décennies, les fondations de cette amitié.
