Son Excellence Monsieur le Président Gustavo Petro
Son Excellence la vice-présidente Francia Márquez
L'hon. Monsieur le Président Évariste Ndayishimiye
Excellences :
Nous exprimons notre profonde gratitude à la Colombie pour l'organisation de ce Forum historique CELAC-Afrique. Nous sommes venus à cette réunion convaincus qu'elle ouvrira la voie à une coopération authentique et croissante entre la CELAC et l'Union africaine.
Je remercie le président Lula de Silva pour son discours et son leadership.
Les peuples d’Amérique latine, des Caraïbes et d’Afrique partagent une histoire commune, un passé de domination et de lutte, ainsi qu’une même aspiration à la dignité et à la liberté. Nos nations sont aujourd’hui confrontées à des défis systémiques enracinés dans des structures d’inégalité créées et perpétuées depuis des siècles.
L’endettement extérieur exorbitant est un héritage direct du colonialisme et des politiques imposées par les institutions financières internationales contrôlées par les États-Unis. Les écarts qui nous séparent des pays industrialisés ne sont pas naturels, mais résultent de politiques délibérées d’exclusion et de dépendance.
Nous assistons aujourd'hui au retour de pratiques impérialistes agressives, soit totalement assumées, soit à peine dissimulées par la rhétorique moderne. La doctrine de la paix par la force, défendue par Washington, est devenue le nouveau terme pour désigner la domination, les interventions militaires, les menaces et le recours à la force.
Si nous unissons nos forces pour relever ces défis, nous pouvons empêcher les puissances qui se proclament incarnations d'une seule civilisation de continuer à imposer leur volonté au monde. Il est de notre responsabilité de promouvoir l'édification d'un ordre international véritablement juste, démocratique et équitable, qui respecte sans équivoque l'égalité souveraine des États, le droit international, l'autodétermination des peuples et une véritable coopération. Dans cette perspective, Cuba soutient pleinement la revendication légitime de nos frères et sœurs africains et caribéens en faveur de réparations historiques, une revendication qui doit figurer au cœur de l'agenda commun de la CELAC et de l'Union africaine au sein des instances internationales.
Depuis plus de 60 ans, notre pays subit l'acte d'agression économique le plus long et le plus soutenu de l'histoire contemporaine. À cela s'ajoute l'inscription arbitraire de Cuba sur la liste unilatérale des États prétendument soutenant le terrorisme, les menaces d'agression militaire et le récent décret présidentiel visant à imposer un blocus total de nos approvisionnements en carburant, sous prétexte que les difficultés économiques et les conséquences humaines qui en découleront contraindront notre peuple à renoncer à sa souveraineté et à son indépendance.
Nous remercions profondément les gouvernements d'Afrique, d'Amérique latine et des Caraïbes qui ont maintenu et continuent de maintenir une solidarité indéfectible avec Cuba face à cette injustice et qui partagent leur soutien dans les forums internationaux, en particulier ceux qui se sont exprimés de cette manière lors de ce Sommet.
Malgré l'escalade de l'agression, notre pays demeure inébranlable dans sa défense de sa souveraineté. Nous restons ouverts à la collaboration dans le cadre des initiatives de coopération Sud-Sud auxquelles nous pouvons contribuer. Aucune campagne de diffamation ne saurait effacer l'impact significatif et avéré de la collaboration de Cuba avec des pays de toutes les régions depuis plus de soixante ans, notamment dans le domaine de la santé.
Nous serons également disposés à agir de manière responsable envers le gouvernement des États-Unis, sans pour autant nous ingérer dans ses affaires intérieures ni dans ses systèmes politiques, économiques et sociaux. L’Amérique latine et les Caraïbes, ainsi que les pays de l’Union africaine, peuvent compter sur la fraternité et la solidarité de Cuba.
Merci beaucoup.
(Cubaminrex)
