INTERVENTION DE BRUNO RODRÍGUEZ PARRILLA, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA, POUR PRÉSENTER LE RAPPORT ANNUEL DE CUBA AU QUATRIÈME CYCLE DE L’EXAMEN PÉRIODIQUE UNIVERSEL (EPU) DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME (CDH).

Madame la Vice-Présidente ;

Excellences ;

Chers délégués

J’apporte depuis Cuba un message de solidarité et d’appui au peuple palestinien. Les attaques systématiques contre la population civile et les employés des Nations Unies ; les bombardements d’hôpitaux, d’ambulances et d’écoles, la destruction massive d’édifices d’habitation et d’infrastructures vitales, constituent une punition collective qui viole gravement le droit international humanitaire.

Nous nous solidarisons avec toutes les victimes et partageons la douleur des communautés arabe et juive de Cuba.

Ce sont là des crimes de guerre et contre l’humanité qu’il faut stopper sans délai. La communauté internationale doit imposer un cessez-le-feu immédiat puisque le veto paralyse le Conseil de sécurité et garantit l’impunité totale à un criminel génocidaire.

Madame la Vice-Présidente,

Cuba se présente pour la quatrième fois à l’Examen périodique universel (EPU) du Conseil des droits de l’homme.

Le rapport national que nous soumettons aujourd’hui est le fruit de consultations amples et participatives avec des institutions publiques et des organisations de notre société civile.

Des 226 recommandations de l’EPU antérieur que nous avons acceptées, nous en avons concrétisé 215, soit 95 p. 100, et mettons en place les onze restantes[1].

Depuis l’Examen antérieur, en 2018, Cuba a sensiblement mis à jour son cadre juridique et institutionnel afin que tous les Cubains puissent jouir de tous les droits de l’homme.

Le peuple a adopté en 2019, par référendum, une nouvelle Constitution qui a amplifié le catalogue de droits et les garanties permettant leur exercice réel, 90 p. 100 des électeurs y ayant participé et 86 p. 100 ayant voté oui.

Cuba a adopté ces quatre dernières années 129 normes juridiques de rang supérieur, une quantité sans précédent dans le pays pour un si bref délai.

Je tiens à signaler parmi elles le Code des familles, une des normes les plus capitales dans l’histoire sociale et juridique de notre pays, une loi moderne, intégrale et avancée.

Le combat contre toutes les formes de discrimination a été et restera une priorité pour l’État cubain.

Cuba a adopté en novembre 2019 le Programme national contre le racisme et la discrimination raciale, qui prouve la volonté politique de notre pays d’éliminer tout reste de ce phénomène.

Cuba dispose depuis 2021 d’un Programme national pour l’avancement des femmes et d’une Stratégie intégrale de prévention de la violence sexiste et au foyer et de prise en charge des victimes.

Les femmes occupent 56 p. 100 des sièges à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, 84 p. 100 des postes du système judiciaire, et 8 postes de procureurs sur dix.

La Commission nationale pour la mise en œuvre des dispositions de la Convention sur les droits des personnes handicapées a été créée en 2021, et l’Association cubaine des personnes en situation d’handicap intellectuel a vu le jour en juin 2023.

À peine un mois plus tard, notre parlement a voté la Politique intégrale envers l’enfance, l’adolescence et les jeunesses à Cuba.

Des progrès sensibles ont été faits en législation pénale, tant procédurale que de fond, et dans l’application régulière de la loi.

Depuis 2018, nous avons soumis des rapports exhaustifs devant quatre organes de traité : discrimination raciale, personnes handicapées, tortures et droits de l’enfant.

Nous avons coopéré avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, et, en juillet dernier, M. Miguel Díaz-Canel, président de la République, a soutenu des échanges fructueux avec M. Volker Türk, son responsable.

La Rapporteuse spéciale sur les effets des mesures coercitives unilatérales sur la jouissance des droits de l’homme a, en mai 2023, fait une fructueuse visite de caractère universitaire à Cuba.

Nous avons aussi reçu en juin dernier le vice-président du Comité sur les droits de l’enfant.

Madame la Vice-Présidente,

Le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba par les Etats-Unis constitue une violation massive, flagrante et systématique des droits humains de tous les Cubains.

Il a été durci significativement depuis l’Examen antérieur, puisque plus de 240 mesures coercitives unilatérales supplémentaires lui ont été ajoutées et que Cuba a été inscrite sur la liste mensongère et illégale que dresse le département d’État au sujet des pays censément commanditaires du terrorisme international.

D’avril 2018 a février 2023, ce blocus a infligé à Cuba des pertes et dommages estimés, au bas mot, à 24,7 milliards de dollars. À prix courants, ces pertes et dommages se sont chiffrés en plus de soixante ans à plus de 159 milliards de dollars.

Durant la pandémie du Covid-19, les Etats-Unis ont durci délibérément leurs sanctions à un degré extrême, nous interdisant d’acheter des ventilateurs pulmonaires auprès de filiales de compagnies étasuniennes, ainsi que des pièces et des intrants destinés à la production industrielle des vaccins efficaces que nous avons mis au point ; ils ont même entravé nos achats d’oxygène médicinal dans des pays tiers, puisque que les fabricants aux Etats-Unis devaient se procurer une autorisation spéciale pour nous le vendre.

Voilà à peine treize jours, l’Assemblée générale des Nations Unies a réclamé à une majorité écrasante la cessation de cette politique qui cause des préjudices directs et indirects, des souffrances, des carences et de l’anxiété aux familles cubaines, qui est la cause fondamentale de nos pénuries de médicaments et d’aliments, y compris, même s’il est insuffisant,  pour le « panier de la ménagère », autrement dit les produits essentiels vendus à des prix fortement subventionnés à toute la population cubaine; il est le principal facteur des prix exorbitants, de la dévaluation de la monnaie et des salaires, des épuisantes coupures de courant, des limitations dont souffrent les services de première nécessité, ce qui a des effets nuisibles sur la santé et l’éducation.

Non contents de leur guerre économique, les Etats-Unis orchestrent des campagnes médiatiques et communicationnelles visant à répandre une image absolument faussée des droits de l’homme à Cuba, en vue de saboter l’ordre constitutionnel dans notre pays.

On a pu le constater en particulier en 2021 quand ils ont tenté de déstabiliser le pays en combinant des mesures extrêmes d’asphyxie économique, des actions très élaborées de manipulation et de désinformation et des opérations de guerre non classique ou cognitive, à partir de plateformes technologiques situées dans ce pays.

Madame la Vice-Présidente,

Malgré les progrès que nous avons faits depuis l’Examen précédent, nous sommes insatisfaits et nous efforçons d’améliorer et de promouvoir « la pleine dignité » et « toute la justice », face aux problèmes actuels.

Cuba continuera de perfectionner son cadre institutionnel et juridique pour protéger les droits de l’homme et de promouvoir la construction d’une société toujours plus libre, démocratique, juste, solidaire, participative et socialiste.

En tant que membre récemment réélu de ce Conseil, nous contribuerons invariablement le plus possible au dialogue et à la coopération internationale dans ce domaine.

Nous continuerons en toute souveraineté de coopérer avec les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies à partir d’un dialogue respectueux et constructif.

La communauté internationale pourra toujours compter sur Cuba pour défendre la paix et le multilatéralisme et pour promouvoir l’exercice de tous les droits humains pour tous.

Je vous remercie.

 

[1] Sur les 339 recommandations faites, Cuba en a accepté 226, a pris note de 83 et en a rejeté 30.

(Cubaminrex)

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