Parlement européen, 30 septembre 2026 (mercredi)
Mesdames et Messieurs les Députés européens,
Chers invités,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Permettez-moi tout d’abord d’exprimer notre sincère gratitude au Groupe de la Gauche pour cette importante initiative, qui favorise une réflexion sur la politique d’asphyxie économique menée par le gouvernement des États-Unis à l’encontre de Cuba. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une vaste campagne mondiale visant à dénoncer les effets de l’agression multidimensionnelle que subit notre petite nation.
Pour plusieurs générations de Cubaines et de Cubains, le blocus imposé par les États-Unis a eu des répercussions sur tous les aspects de notre vie quotidienne, de manière abusive et impitoyable, depuis plus de six décennies.
Cependant, depuis janvier 2026, cette politique s’est intensifiée et est devenue plus cruelle et plus dangereuse avec la mise en place d’un siège énergétique qui, par l’intimidation et la coercition, interdit à tous les pays d’exporter des combustibles vers Cuba. Cela équivaut à un blocus naval, qualifié par le droit international d’acte de guerre.
Les effets et les conséquences subis par la population cubaine sont dévastateurs. Cette politique coûte des vies, provoque des souffrances individuelles et collectives et génère de l’angoisse.
Des coupures d’électricité prolongées de 20, 30, voire 40 heures ; des hôpitaux fonctionnant au minimum de leurs capacités, sans médicaments ni fournitures essentielles, avec un personnel de santé épuisé ; des difficultés dans le pompage de l’eau potable, la cuisson et la conservation des aliments ; la paralysie des transports publics ; ainsi que les interruptions de la chaîne d’approvisionnement alimentaire menacent les conditions de vie normales de la population cubaine.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en l’espace d’un an, le taux de mortalité infantile a plus que doublé, passant de 4 à 9,8 pour 1 000 naissances vivantes. Nous comptons 98 000 patients sur une liste d’attente pour des interventions chirurgicales, dont 12 000 enfants ; 117 000 patients atteints de cancer, parmi lesquels 1 200 enfants qui ne reçoivent pas un traitement adéquat, notamment en matière de radiothérapie et de chimiothérapie, pour ne citer que quelques exemples.
Nous sommes confrontés à une politique délibérément conçue pour frapper ce qui est le plus sensible pour les familles cubaines, empêcher leur bien-être et porter atteinte à la dignité de notre peuple. Il s’agit d’un acte de punition collective, sans précédent, et également d’un crime proscrit par le droit international humanitaire.
L’objectif évident et immédiat est de provoquer une crise humanitaire à Cuba, ce qui constituerait également un crime.
Face à cette évidence incontestable, le gouvernement des États-Unis et le Département d’État ont été contraints de reconnaître les souffrances infligées, mais ils ont l’audace et le cynisme de continuer à en rendre le gouvernement cubain responsable. Le bourreau accuse la victime.
Que cherche exactement le gouvernement des États-Unis à Cuba ?
Il cherche à renverser un système politique légitime, librement choisi par un peuple après de longues années de lutte intense pour parvenir à son indépendance définitive, et ainsi à contrôler le pays, à dominer son économie et à annuler la souveraineté nationale qui a exigé tant de sacrifices de la part de générations de Cubaines et de Cubains.
Pour justifier son comportement, l’administration Trump s’obstine à présenter comme une vérité établie l’affirmation selon laquelle Cuba constituerait une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis.
Une absurdité que ce gouvernement répète sans retenue et qu’il tente, en vain, d’étayer par des manipulations à travers les grandes plateformes de communication qu’il contrôle.
Toute personne un tant soit peu informée et raisonnable comprend que présenter Cuba, petit État insulaire en développement, comme une menace pour la première puissance nucléaire, militaire, technologique et économique de la planète ne peut être que le fruit d’un raisonnement délirant et anachronique.
Cuba n’est pas une menace, le blocus l’est !
Nous sommes pleinement conscients des immenses défis auxquels nous sommes confrontés en matière de sécurité, de survie, de bien-être de notre peuple et d’avenir de la Nation.
C’est pourquoi nous avons engagé un profond programme de transformations économiques et sociales, qui comprend de nouvelles pratiques, de nouveaux acteurs et de nouveaux concepts économiques.
L’objectif est de rétablir et de développer les capacités productives, la prospérité et l’équité, sur la base de la conception de notre État socialiste de droit et de justice sociale.
Comme si l’acharnement contre Cuba ne suffisait pas, le blocus, à travers ses effets extraterritoriaux, sanctionne également ceux qui osent aider le peuple cubain.
Des obstacles sont imposés aux entreprises qui souhaitent effectuer des transferts bancaires avec Cuba ; certains fournisseurs décident de renoncer à une opération par crainte des conséquences éventuelles sur le marché américain ; des entités d’investissement ont quitté Cuba à la suite de l’application du Décret présidentiel du 1er mai.
Les entreprises et les citoyens européens ayant des activités économiques à Cuba ont été particulièrement affectés. Ils ont vu leurs avoirs aux États-Unis menacés, ont fait l’objet de procédures judiciaires et leurs proches se sont vu refuser l’entrée sur le territoire américain.
Face à cette situation, nous constatons l’inaction des institutions européennes dans la défense de l’ordre international, de la Charte des Nations Unies, de la liberté du commerce et des intérêts européens eux-mêmes à Cuba.
Nous constatons également un manque d’efficacité dans l’application du règlement européen n° 2271, connu sous le nom de Statut de blocage, ce qui place dans une situation de vulnérabilité les acteurs européens désireux de travailler avec Cuba, notamment les entreprises et la société civile.
Ce Parlement européen, qui nous accueille aujourd’hui grâce à la position du Groupe de la Gauche, loin de défendre les intérêts de ses propres citoyens, a choisi de s’aligner sur les États-Unis dans leur politique d’agression contre Cuba, sous l’impulsion de la droite et de l’extrême droite.
Nous sommes convaincus que, malgré cette situation, des voix dignes, courageuses et solidaires au sein de ce Parlement, comme les vôtres, continueront à s’élever pour défendre le peuple cubain et son droit à décider souverainement de son propre destin, sans ingérence.
Encouragé par cet esprit de solidarité et convaincu que la raison nous assiste, notre peuple demeure fermement déterminé à préserver la souveraineté et l’indépendance du pays, au prix qu’il faudra payer.
Notre ligne de conduite nous a été tracée par le Commandant en chef Fidel Castro Ruz, lorsqu’il déclarait :
« Il est vrai que nous sommes encore sous le blocus impérialiste ; il est vrai que les impérialistes cherchent à resserrer ce blocus, et que nous ne savons pas combien de temps nous devrons encore supporter cette situation. Et nous résisterons ! Parce que le drapeau révolutionnaire ne sera jamais abaissé ! Parce que le front haut de cette nation ne s’inclinera jamais ! »
Jusqu’à la victoire, toujours !
(EmbaCuba Bélgica)

