Réunion publique au Parlement européen : échange de vues sur certains aspects de la situation en Amérique latine et dans les Caraïbes
Chers députés européens,
Messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
Je tiens à vous exprimer ma sincère gratitude pour cet espace de dialogue et de réflexion.
Nous vivons actuellement les moments les plus dangereux pour l'humanité depuis la Seconde Guerre mondiale. La revitalisation de la doctrine Monroe et la volonté d'imposer une vision unique du monde sont devenues un véritable cauchemar pour l'Amérique latine et les Caraïbes. Le donroïsme et sa prétention à faire de notre région son nouvel « espace vital », qui s'étend dans sa vision expansionniste de Magellan au Canada, en passant par le Groenland, constituent une menace existentielle sans précédent pour les peuples du monde.
Les exécutions extrajudiciaires en haute mer, l'imposition de droits de douane punitifs comme armes d'agression, l'attaque ignoble contre le Venezuela et l'enlèvement de son président, la destruction des règles du multilatéralisme, ainsi que la prolifération de l'extrémisme violent et des discours d'intolérance, de xénophobie et de discrimination, sont les traits les plus évidents d'une dictature mondiale dirigée depuis Washington, qui mettent en danger tous les États nationaux, quels que soient leurs modèles culturels ou politiques.
Dans ce contexte mondial marqué par l'incertitude et la volatilité, le gouvernement américain persiste dans sa politique agressive à l'égard de Cuba, dont l'objectif reste clair : provoquer la faim, le désespoir et la souffrance de sa population. Dans cette optique, le décret exécutif du 29 janvier dernier du président des États-Unis déclare la punition collective du peuple cubain et vise à créer une catastrophe humanitaire par le biais d'un blocus énergétique.
La coupure de l'approvisionnement en carburant à Cuba met en péril la disponibilité des services essentiels dans le pays, tels que la santé, l'alimentation et l'approvisionnement en eau potable. L'objectif est de provoquer une tragédie humanitaire, de détruire notre culture et de soumettre tout un peuple à un génocide sous le prétexte grossier de la sécurité nationale.
Nous sommes en présence d'une violation flagrante du droit international et des principes consacrés dans la Charte des Nations unies. Le boycott énergétique contre Cuba est mis en œuvre alors que le pays ne fait l'objet d'aucun système international de sanctions et a des conséquences néfastes pour la population cubaine. Son application renforce le caractère extraterritorial du blocus et porte préjudice à l'activité économique légitime des entreprises européennes à Cuba.
L'Europe, qui nous a tant appris en matière de droits humains, ne peut rester indifférente face à une telle atteinte à l'ordre international établi. Une Europe fiable, crédible et prévisible doit défendre activement la souveraineté, l'autodétermination des peuples et la paix. Nous appelons les membres du Parlement européen à faire entendre leur voix pour soutenir cette revendication.
Cuba est convaincue que la responsabilité, la justice, l'engagement en faveur du multilatéralisme, le droit international et le respect de la dignité des peuples, piliers indispensables d'un monde plus juste et plus sûr, prévaudront.
Merci beaucoup
(EmbaCuba Bélgica)


