Excellence Monsieur Aleksandar Vučić, Président de la République de Serbie,
Excellence Madame Jessica Alupo, Vice-Présidente de la République d’Ouganda et Présidente du Mouvement des pays non alignés,
Excellences, Chefs d’État et de gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Ministres et Chefs de délégation,
Distingués délégués et invités,
Nous remercions la République de Cuba pour l’invitation à commémorer le 65e anniversaire de la première Conférence du Mouvement des pays non alignés. Nous adressons notre reconnaissance à la présidence ougandaise ainsi qu’aux autorités serbes pour avoir rendu possible cette importante rencontre.
Cuba est véritablement fière d’être un pays fondateur du Mouvement des pays non alignés, dont les principes fondateurs demeurent pleinement d’actualité, et dont l’activisme et le rôle moteur en tant que voix des pays du Sud sont plus nécessaires que jamais face aux défis colossaux de notre époque.
Les guerres se poursuivent dans plusieurs régions de la planète, avec leurs conséquences humanitaires dévastatrices. Les dépenses militaires dépassent largement les ressources consacrées au financement du développement de nos pays, à la lutte pour l’éradication de la pauvreté ou à la lutte contre les effets du changement climatique. La première puissance militaire mondiale recourt au chantage, aux mesures coercitives unilatérales et aux blocus pour tenter de briser notre volonté de résistance face aux nouvelles pratiques néocoloniales et fascistes.
Cuba connaît la portée de ces politiques. Nous sommes confrontés au renforcement sans précédent du blocus économique, commercial et financier imposé par le gouvernement des États-Unis, à travers un siège énergétique qui équivaut à un blocus naval. Celui-ci comprend également une attaque brutale contre nos sources de revenus, ainsi que la mise en œuvre de sanctions secondaires agressives contre des États tiers ou des personnes physiques ou morales ne relevant pas de la juridiction des États-Unis, qui participent au développement économique de notre pays, auxquelles s’ajoute la menace latente d’une agression militaire directe.
Ces mesures ont eu des conséquences douloureuses pour notre peuple : une liste d’attente de plus de 90 000 patients pour des interventions chirurgicales, y compris des enfants ; l’épuisement des stocks de médicaments essentiels ; et l’impossibilité d’acheminer jusqu’à nos ports des milliers de conteneurs contenant des aliments et des dispositifs médicaux, entre autres exemples.
Il ne fait aucun doute que la politique d’asphyxie économique contre Cuba a acquis une dimension génocidaire. Il s’agit d’un châtiment collectif et d’une tentative de provoquer une crise humanitaire dans un pays pacifique, qui ne représente une menace pour aucun autre pays.
Face à l’agressivité et aux pressions démesurées exercées par les États-Unis, le peuple cubain demeure ferme et résolu à résister, à rechercher des alternatives de développement grâce à ses propres efforts et à défendre, quel qu’en soit le prix, son droit de vivre dans un pays indépendant et souverain.
Comme l’a déclaré le Général d’armée Raúl Castro dans cette même ville, le 5 septembre 1989, lors de la IXe Conférence au sommet du Mouvement :
« La sécurité et la paix des riches ne sont pas celles pour lesquelles nous, pays pauvres, luttons. Nous voulons la paix avec souveraineté, avec indépendance, avec dignité, avec justice, avec développement. Nous voulons une paix véritablement universelle qui exclue l’ingérence et l’agression. »
Au nom de mon pays, je transmets au Mouvement nos plus sincères remerciements pour sa dénonciation historique et constante du blocus, du siège énergétique, de l’inclusion de notre pays dans l’arbitraire, unilatérale et fallacieuse Liste des États soutenant le terrorisme, ainsi que pour sa reconnaissance de la coopération que Cuba entretient avec de nombreux pays membres du Mouvement, notamment dans le domaine de la santé.
Je remercie tout particulièrement le Président du Ghana et le Ministre auprès de la Présidence de la Namibie pour avoir mentionné Cuba et exprimé aujourd’hui, dans cette salle, leur rejet du blocus.
Cette rencontre nous offre l’occasion de réaffirmer notre engagement envers les principes qui ont jeté les bases du Mouvement lors des rencontres de Bandung et de Belgrade, notamment la ferme conviction que la lutte résolue contre toutes les doctrines et pratiques impériales constitue une condition indispensable à la réalisation de la coexistence pacifique entre tous les peuples et toutes les nations du monde, ainsi qu’à la construction d’un ordre international plus juste, démocratique et équitable.
Il est temps de réaffirmer nos convictions anti-impérialistes, antinéocolonialistes et antifascistes, qui sont au cœur de l’essence et de l’histoire du Mouvement des pays non alignés.
En cette année du Centenaire de la naissance du dirigeant historique de la Révolution cubaine, le Commandant en chef Fidel Castro Ruz, je conclurai mon intervention par ses paroles sur le présent et l’avenir de notre Mouvement, qui demeurent aujourd’hui pleinement d’actualité et constituent un appel à l’action pour nos pays :
« Le succès et l’avenir du Mouvement des pays non alignés résideront dans sa capacité à ne pas se laisser pénétrer, confondre ni tromper par l’idéologie impérialiste. Seule l’alliance la plus étroite entre toutes les forces progressistes du monde nous donnera la force nécessaire pour vaincre… et lutter avec succès pour les aspirations de justice et de paix de tous les peuples du monde. »
Je vous remercie.
