L’Humanité — Luis Reygada — 13 septembre 2026
La fille du Che était présente, vendredi et samedi, à la Base 217, invitée en France par le syndicat des imprimeries de presse et de communication (SIPC-CGT) et l’association Cuba Si France, pour des rencontres chargées d’émotion et la certitude que la solidarité internationaliste peut briser le blocus criminel imposé par Washington à la plus grande île des Caraïbes.
Alors que Cuba affronte la pire situation jamais endurée en plus de six décennies de blocus impérialiste, l’île révolutionnaire a pu compter cette année – en plus de la délégation officielle du Parti communiste cubain – sur une ambassadrice de premier plan à la Fête de l’Humanité : Aleida Guevara March, la fille du Che.
Samedi soir à l’Agora, lors de la soirée de solidarité avec Cuba durant laquelle le directeur de l’Humanité a rappelé l’attachement du journal fondé par Jaurès à la cause cubaine, Aleida a insisté sur l’importance de la solidarité internationaliste : « Les gouvernements peuvent courber l’échine, mais les peuples restent à nos côtés. Si nous, les Cubains, nous résistons – et croyez-moi, nous avons la peau dure –, c’est aussi parce que nous savons que nous sommes soutenus à travers le monde. » Ce moment s’est terminé en beauté, lorsqu’elle a entonné, d’une voix mélodieuse, un chant reprenant les vers du fameux poème de José Marti, Je cultive une rose blanche.
La descendante d’un des plus grands mythes de l’épopée victorieuse des barbudos
C’est le syndicat des imprimeries de presse et de communication (SIPC-CGT) et Cuba Si France qui ont organisé sa venue en France et sa participation au grand rendez-vous populaire de Brétigny-sur-Orge. « Nous sommes très impliqués dans la solidarité avec Cuba depuis plusieurs années, donc l’avoir parmi nous, ici, c’est un honneur, une grande fierté », expose le syndicaliste Guillaume Bruyère.
Aleida avait d’abord pris la parole, dans l’après-midi, au stand de l’association Cuba Si France, au côté de l’ancien député PCF André Chassaigne, pour rappeler les difficultés extrêmes auxquelles est confronté le peuple cubain avec le blocus énergétique imposé par Washington.
Face à elle, un stand plein à craquer pour l’écouter avec toute l’émotion d’avoir face à soi la descendante d’un des plus grands mythes de l’épopée victorieuse des barbudos, les compagnons de Fidel et de Raul Castro.
Il y avait là des jeunes les yeux grands ouverts, attentifs à chacun de ses propos, prenant la mesure de l’événement, comme des militants parfois bien plus âgés, les yeux embués, de cette génération qui a grandi à l’ombre du portrait intemporel d’Alberto Korda.
« Je suis un produit de la révolution cubaine »
« Je crois que c’est la troisième fois que je viens à la Fête de l’Humanité, c’est toujours très enrichissant et enthousiasmant de voir toute cette énergie populaire », se réjouit Aleida. Devant l’émotion que suscite sa présence, elle tient à rappeler qu’elle n’est qu’« un accident génétique », et que si elle a eu l’honneur d’être la fille d’un homme et d’une femme « exceptionnels », cela ne fait pas d’elle un être humain meilleur que les autres.
« L’important c’est de se sentir utile à son peuple ou ailleurs, et ce qui me donne de la valeur en tant qu’être humain c’est mon rôle de médecin, une médecin cubaine comme tant d’autres, qui prennent leur part dans la société socialiste que nous tentons de construire et de défendre, explique-t-elle. Il faut donc me considérer par rapport à mon utilité sociale, et me voir comme ce que je suis vraiment : ni plus ni moins qu’un produit de la révolution. »
Merci pour votre visite compañera, et pour Cuba, plus que jamais un fort « Hasta la victoria, siempre »… comme a dit un certain Ernesto Che Guevara.
