Le blocus brutal imposé par les États-Unis ne brisera pas notre volonté.
L'ambassadeur désigné de Cuba en Tunisie, Orlando Requeijo Gual, a accordé une interview exclusive au journaliste Fouad Ajroudi, publiée le 26 février 2026 dans le quotidien arabophone Ech-Chourouk.
Voici la traduction intégrale de l'interview :
Dans cette interview, l'ambassadeur de la République de Cuba en Tunisie, Orlando Requeijo Gual, a affirmé que le peuple cubain ne renoncerait pas à sa souveraineté malgré le blocus féroce imposé par l'administration américaine à son pays.
Dans un entretien exclusif avec « Ech-Chourouk », il a souligné que Cuba est victime d'une campagne visant à l'affamer et à la contraindre à la soumission, sous l'effet des récentes sanctions américaines. Ces sanctions ont pour objectif de couper les approvisionnements en pétrole du pays, provoquant des perturbations dans divers aspects de la vie économique et sociale.
Il a ajouté que, malgré les difficultés engendrées par ces nouvelles mesures, le gouvernement de La Havane a été contraint de prendre des mesures pour réduire la consommation d'énergie, similaires à celles adoptées pendant la pandémie de COVID-19, telles que la réduction des jours ouvrables dans les établissements publics de sept à quatre et l'activation du télétravail dans le but de réduire les déplacements, en plus d'encourager les familles à utiliser l'énergie solaire pour augmenter la quantité d'électricité produite à partir de l'énergie solaire de 1 000 à 2 000 mégawatts de capacité installée d'ici la fin de cette année.
À cet égard, il a souligné que les récentes sanctions américaines, qui imposent des droits de douane supplémentaires aux pays exportant du pétrole vers Cuba, compliquent l'approvisionnement en essence, la production locale ne couvrant pas plus de 40 % des besoins du pays. Ces sanctions entravent également la production d'électricité dans les centrales dépendantes des importations de combustibles, limitant ainsi la production d'électricité aux centrales utilisant du pétrole brut lourd local, qui nécessite un entretien régulier.
Il a ajouté que de nombreux pays sont disposés à approvisionner Cuba en pétrole, mais craignent de s'exposer à des sanctions américaines et à une éventuelle saisie de leurs pétroliers, notamment dans le contexte de l'hostilité actuelle de l'administration américaine, qui agit selon la loi du plus fort et est allée jusqu'à revendiquer la propriété du pétrole vénézuélien.
Par ailleurs, il a affirmé que, malgré la difficulté de la situation résultant de ce nouveau train de sanctions américaines, elle n'est pas plus grave que celle à laquelle Cuba a été confrontée au début des années 1990 après la chute de l'Union soviétique, lorsqu'elle était également soumise à de sévères sanctions américaines.
Cuba a résisté pendant 35 ans après cette période, alors que l'on croyait le régime de Fidel Castro sur le point de s'effondrer.
Concernant le contexte des récentes sanctions américaines, l'ambassadeur cubain a déclaré que les États-Unis entendaient « occuper Cuba », reflétant une mentalité coloniale qui perdure depuis près de deux siècles et qui est connue sous le nom de doctrine Monroe, du nom de l'ancien président américain.
Il a souligné que les États-Unis s'étaient fondés sur l'appropriation de territoires étrangers, comme l'Alaska, appartenant à la Russie, et la Louisiane, à la France.
Il a ajouté que les États-Unis avaient déjà envahi Cuba pendant la guerre de libération nationale contre la domination espagnole, qui a abouti à l'indépendance en 1902, et qu'ils avaient ensuite contrôlé les structures du pouvoir par le biais d'un système formel jusqu'à la révolution menée par Fidel Castro en 1959, point culminant d'une lutte qui a connu plusieurs étapes importantes, dont l'insurrection de 1933.
Il a également souligné que l'ancien président américain Joe Biden avait commencé à lever les sanctions contre Cuba durant la dernière semaine de son mandat, avant que Donald Trump ne les rétablisse quelques jours seulement après son retour à la Maison Blanche.
Durant son premier mandat, Trump avait déjà suspendu les croisières entre les États-Unis et Cuba, qui avaient connu une augmentation sous la présidence de Barack Obama.
De son côté, l'ambassadeur cubain a indiqué que son pays bénéficiait d'un large soutien de la plupart des pays du monde, notant que les visites du ministre cubain des Affaires étrangères au Vietnam, en Chine, en Russie et en Espagne avaient confirmé que les gouvernements de ces pays ne laisseraient pas La Havane s'effondrer face au blocus strict imposé par le président américain Donald Trump.
De même, la réunion du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève a été l'occasion de dénoncer les pratiques américaines et leur violation des principes les plus fondamentaux des droits humains. Les États-Unis sont notamment responsables de la famine qui frappe la population cubaine et favorisent les épidémies en raison des répercussions du blocus sur le système de santé, pourtant considéré comme l'un des plus performants au monde.
Parallèlement, la Commission des relations internationales de l'Assemblée nationale du pouvoir populaire (Parlement cubain) a lancé un appel aux parlementaires du monde entier, dénonçant le caractère criminel de la guerre économique menée par l'administration américaine pour asphyxier le peuple cubain, en recourant au mensonge et à la calomnie pour justifier ses visées expansionnistes.
Dans ce contexte, l'ambassadeur de Cuba a souligné que le maintien des vols vers l'aéroport de La Havane par plusieurs pays, tels que la Chine, la France et l'Espagne, malgré l'obligation de faire escale dans des pays voisins, témoigne du large soutien international dont bénéficie son pays face à l'arrogance américaine et renforce l'attachement du peuple cubain à sa souveraineté.
Il a souligné que les tendances hégémoniques de l'administration américaine actuelle défient toute logique, constituant une menace pour tous les peuples du monde, y compris les alliés des États-Unis, et engendrant de fortes tensions, même au sein de la population américaine. Il a également observé que cette attitude agressive se radicalise à mesure que la crise interne aux États-Unis s'intensifie, notamment dans le contexte de la confrontation entre la Maison-Blanche, le Congrès et la Cour suprême.
Enfin, l'ambassadeur cubain a réaffirmé la détermination de son pays à résister au blocus américain strict, défendant sa souveraineté et l'indépendance de ses décisions nationales, et soulignant que les ambitions de l'administration américaine actuelle échoueront, comme toutes les tentatives précédentes de subjugation de Cuba.
