Le refus des banques françaises de travailler avec Cuba est remis en question

París, 29 jan (Prensa Latina) Des parlementaires français, des hommes d'affaires et des associations de coopération ont mis en cause aujourd'hui le refus des banques françaises de maintenir des liens avec Cuba parce qu'elles supposent l'extraterritorialité du blocus américain et en redoutent les conséquences.

La question a été débattue à l'Assemblée nationale lors d'un colloque organisé par le groupe d'amitié France-Cuba et l'Institut des hautes études sur l'Amérique latine (Iheal), un forum visant à promouvoir une présence plus forte des entreprises françaises sur l'île, au bénéfice de sa population.

Le président du groupe d'amitié, André Chassaigne, et le président de l'association Cuba Coopération France (CubaCoop), Víctor Fernández, ont qualifié d'inacceptable le fait que les grandes banques ne soutiennent pas les entreprises et les investissements français dans la plus grande des Antilles.

Nous devons agir avec le gouvernement, et nous le ferons, car nous ne pouvons pas permettre que la France se plie au comportement extraterritorial des États-Unis, a souligné le député communiste.

Pour sa part, M. Fernández a dénoncé le fait que certaines banques françaises ne se contentent pas de rejeter les transactions avec Cuba, mais procèdent à la fermeture de comptes en raison des liens avec l'île.

L'Union européenne (UE) dispose de mécanismes de protection contre les lois extraterritoriales et nous exigeons qu'ils soient respectés, a déclaré le représentant d'une organisation qui promeut la coopération décentralisée avec le pays caribéen, qui s'est concrétisée par des dizaines de projets socio-économiques depuis près de 30 ans.

Le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Éric Coquerel, a également parlé à Prensa Latina de l'importance pour la France et l'UE de ne pas accepter la subordination aux politiques de Washington.

Il faut du courage et de la cohérence, n'oublions pas que tous les membres de l'UE soutiennent les résolutions contre le blocus à l'ONU, et devraient donc soutenir la coopération économique et l'investissement dans l'île, a déclaré le député de la France Insoumise.

La réunion, qui comptait parmi ses invités l'ambassadeur de Cuba à Paris, Otto Vaillant, a été suivie par des hommes d'affaires français ayant une expérience commerciale dans le pays caribéen.

Le président de l'Association des entreprises françaises à Cuba, Fabrice Mercorelli, le directeur d'Invivo, Jean François Lepy, la directrice de la communication de Pernod Ricard, Marie Benech, le président de Stratégie Bois, Hervé Pierre, et la directrice générale de Devexport, Perrine Buhler, entre autres, ont partagé leurs expériences.

Ils ont notamment évoqué le potentiel du marché cubain, les possibilités réelles de réussite de leurs opérations et les défis posés par l'extraterritorialité du blocus et la réinscription de Cuba sur la liste unilatérale américaine des pays soutenant le terrorisme, qui ont tous deux un impact direct sur la question des banques.

Les échanges de vues du colloque ont reflété une variété de positions, de celles qui reconnaissent la pression exercée sur les banques françaises et leur crainte d'amendes considérables de la part de Washington à celles qui considèrent que les institutions financières portent la responsabilité de leurs décisions, qui peuvent même violer des normes et des droits.

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