Président de Cuba Miguel Díaz-Canel Bermúdez lors de la Troisième Session Extraordinaire de l'Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire, dans sa X Législature :
Depuis cette même tribune, avec le respect et la fermeté qui ont toujours distingué la digne tradition de la diplomatie cubaine, je souhaite m'adresser à la communauté internationale, y compris au gouvernement des États-Unis.
Cuba conçoit et propose souverainement les changements qu'il est urgent d'appliquer pour surmonter la crise imposée par l'agressivité externe et les insuffisances internes, sans autre permission que celle de son peuple.
La critique et l'autocritique honnêtes ne sont pas une nouveauté pour le gouvernement cubain ; elles sont inseparables de la pratique révolutionnaire depuis toujours. Nous ne faisons pas des expériences, nous appliquons un principe du concept de Révolution que nous a légué Fidel : « nous émanciper par nous-mêmes et avec nos propres efforts ».
Dans le souci de corriger les erreurs et les insuffisances, tout en affrontant l'encerclement extérieur, nous avons décidé d'entreprendre la mission toujours dévouée d'ouvrir encore plus l'économie, avec une priorité pour les Cubains qu'ils résident ou non dans le pays.
Ces décisions ne sont pas liées à des négociations. Cuba reste disposée à dialoguer avec respect sur tous les sujets possibles avec le gouvernement des États-Unis, et cette disposition n'est pas seulement exprimée : elle est historiquement prouvée.
Les changements actuels dans le cours du dialogue avec le voisin du Nord ne concernent que l'hostilité que les ennemis de tout rapprochement entre les deux pays veulent imposer à la relation, ceux qui vivent à répandre des menaces d'attaques imminentes, qui diffusent des mensonges, poursuivent des négociations et misent sur l'option perverse de l'asphyxie pour que Cuba explose.
Cuba dénonce ces pratiques infâmes qui vendent au monde l'idée de « l'État en faillite » tout en serrant le cou d'un peuple héroïque. Les relations entre nations souveraines indépendantes ne fonctionnent pas comme ça, et nous revendiquons toujours cette condition.
Il n'est pas honnête de dire qu'on veut aider le peuple cubain tout en poursuivant chaque opération bancaire, en augmentant mille fois le coût de chaque importation, en bloquant l'achat ou l'arrivée de carburant, de nourriture et de médicaments, et en punissant ceux qui veulent investir ou commercer avec le pays.
On ne peut pas parler de liberté pendant qu'on pousse délibérément tout un peuple au désespoir par manque de ressources qui sont aujourd'hui vitales pour l'existence.
Au gouvernement des États-Unis, nous disons, sans haine mais sans peur, si vous voulez vraiment aider le peuple cubain : laissez-nous vivre !
Dejen a Cuba comerciar, dejen a Cuba comprar sus medicinas, dejen a Cuba importar su combustible, dejen a Cuba recibir inversiones, créditos, financiamientos, relacionarse normalmente con sus emigrados y con el mundo. Dejen a Cuba mostrarle al planeta qué es capaz de hacer este pueblo cuando no hay obstáculos a sus esfuerzos por levantarse.
Cuba no va a pedir permiso para existir ni entregará su soberanía.
