Réponse de Bruno Rodríguez Parrilla, ministre des Affaires étrangères de Cuba, lors du débat sur le point 38 « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d'Amérique à Cuba » – New York – 7 juillet 2026
Merci, Monsieur le Président.
La vérité est que ce matin, l'équipe des États-Unis méritait un carton rouge.
Je souhaiterais ajouter à la galerie de photos du Représentant permanent Waltz cette image montrant une panne d'électricité à La Havane due au blocus énergétique imposé par les États-Unis, ou encore celle d'une famille cubaine dont l'enfant rentre de l'école, encore en uniforme, mais souffrant de l'obscurité.
Cette photo est saisissante, Monsieur le Président. Elle montre une salle d'opération éclairée par la lampe torche d'un téléphone portable. C'est la conséquence du blocus énergétique imposé par les États-Unis.
L'aide humanitaire internationale doit être distribuée dans des charrettes à bœufs à cause du blocus énergétique imposé par les États-Unis. M. Waltz a abordé la question des détentions arbitraires, des droits de l'homme, de la répression et d'autres sujets. Je tiens à vous montrer cette photo. Elle n'a pas été prise à Cuba, Monsieur le Président, mais aux États-Unis, lors d'un raid de l'ICE.
Vous ne trouverez pas d'image similaire de répression violente contre des manifestants à Cuba. L'ICE a arrêté un garçon de cinq ans, Lion Conejo. On le voit ici, détenu par un agent de l'ICE. Cela ne s'est pas produit à Cuba.
Cette femme ne peut pas être emprisonnée. Citoyenne américaine, travailleuse et issue d'une famille honnête, elle a été assassinée par l'ICE de manière cruelle et froide.
Le représentant américain a évoqué la corruption. Il est surprenant qu'un représentant de l'administration actuelle, connue pour être une véritable ploutocratie, pour sa corruption institutionnelle et judiciaire, l'existence de prétendus intérêts particuliers et ses campagnes électorales à plusieurs millions de dollars, puisse tenir de tels propos. Un pays où l'argent et les entreprises font la loi, où les électeurs sont manipulés, où la persécution judiciaire est utilisée à des fins politiques et où le système judiciaire est corrompu et politisé. C’est ici, et non à Cuba, que la corruption scandaleuse du Département de la Sécurité intérieure a été mise au jour.
Les allusions diffamatoires de M. Waltz à la coopération médicale internationale cubaine offensent les dizaines de milliers de médecins et de secouristes qui se dévouent aux populations des régions reculées et défavorisées, ainsi que les cinquante États bénéficiaires, représentés aujourd’hui dans cette salle.
Je ne commenterai pas le discours de la République tchèque, car nous avons déjà suffisamment entendu deux discours américains sans en entendre un troisième.
Les États-Unis nient l'existence du blocus. J'invite M. Walsh à lire les déclarations du porte-parole de la Maison-Blanche le 30 mars, ou celles du président des États-Unis lui-même la veille. Elles confirment l'existence du blocus, et notamment le siège total sur les hydrocarbures.
D'autres déclarations mensongères et manipulatrices du représentant des États-Unis visent à porter atteinte à la dignité et à l'unité de notre peuple, dans le cadre de l'agression cognitive non conventionnelle qu'il a lancée contre Cuba. Elles n'y parviendront pas.
Un fonctionnaire insignifiant des États-Unis a invoqué des noms prestigieux et d'une renommée universelle. Monsieur Walsh, vous tomberez dans l'oubli pendant un certain temps. Che Guevara continuera de renaître en chaque Cubain qui lutte contre l'impérialisme que vous représentez.
Vous offensez notre peuple en citant le commandant en chef Fidel Castro Ruz, que les administrations américaines successives n'ont jamais réussi à vaincre. Dans quelques semaines, Cuba et le monde célébreront le centenaire de sa naissance. Vous avez implicitement fait référence au leader de la Révolution cubaine, le général Raúl Castro Ruz, et je réaffirme en son nom qu'il reste prêt à défendre notre patrie.
Vous avez également évoqué notre président, un fils illustre de la Révolution, qui, contrairement à vous et aux politiciens américains, subira le même sort que le reste de notre peuple face à l'agression impérialiste.
Je réaffirme que Cuba ne renoncera jamais à sa souveraineté et à son indépendance, pour lesquelles ses plus grands fils ont déjà donné leur vie.
Comme l'a souligné Antonio Maceo, quiconque tentera de s'emparer de Cuba ne récoltera que la poussière de son sol ensanglanté, à moins de périr dans la lutte.
Merci beaucoup.
