Détruire la Révolution cubaine, l’obsession des États-Unis qui pousse tout un peuple vers l’abîme
Par Charlotte Balavoine et Jérémy Bacchi, responsables de la campagne avec Cuba pour le PCF. Alors que les 19es Rencontres européennes de solidarité avec Cuba se tiendront les 23 et 24 novembre à Paris à l’Espace Niemeyer, l’Humanité publie cette tribune en faveur de la campagne de soutien à la plus grande île des Antilles, à l’heure où « la solidarité n’est plus uniquement une question d’internationalisme, mais d’urgence humanitaire absolue ».
La société cubaine est aujourd’hui au bord de l’effondrement. Le vendredi 18 octobre, la seule centrale électrique du pays a arrêté de fonctionner créant par là même une coupure généralisée d’électricité dans le pays. Dans le même temps le cyclone Oscar ravageait l’Est du pays. Une catastrophe n’arrivant jamais seule, alors que les autorités essayaient de rétablir le réseau d’électricité, un second cyclone : Rafael a de nouveau plongé l’île dans le noir et entraîner une coupure de l’eau dans la province de la Havane.
Le 10 novembre, un séisme d’une magnitude de 6,0 sur l’échelle de Richter a été enregistré dans la province de Granma provoquant des dommages matériels supplémentaires. À l’heure ou ces lignes sont écrites, l’eau n’était toujours pas rétablie à la Havane et l’électricité était coupée 12 heures par jour. Cette situation dramatique met en péril les stocks alimentaires et sanitaires de première nécessité.
La question se pose : comment en est-on arrivé là ? Tout simplement parce que le blocus que subit l’île depuis 62 ans l’empêche d’acheter les pièces nécessaires à la rénovation de son système énergétique. Avec les 243 mesures supplémentaires mises en place dans les derniers jours du 1er mandat de Trump, l’inscription de l’île aux états finançant le terrorisme et maintenant avec la réélection de Trump, les entreprises étrangères, notamment européennes, ont peur des représailles de la part des États-Unis et refusent d’honorer les contrats sur lesquels elles s’étaient engagées. Plus aucune banque française n’accepte de faire des virements d’argent à Cuba. La livraison de matériels par containers est devenue extrêmement compliquée…
Du 1er mars 2023 au 29 février 2024, le blocus états-unien a causé à Cuba des dommages et des pertes matérielles estimés à 5,056 milliards de dollars, soit une augmentation de 189,8 millions de dollars par rapport au chiffre indiqué dans le rapport précédent. Autrement dit, 18 jours de blocus équivalent au coût annuel d’entretien du réseau énergétique du pays. Le résultat est là : la société cubaine n’a jamais été aussi proche de l’effondrement. La solidarité n’est plus uniquement une question d’internationalisme, mais d’urgence humanitaire absolue.
Le 29 octobre dernier pour la 32e fois consécutive l’assemblée générale de l’ONU condamnait, à la quasi-unanimité, le blocus pour son caractère criminel et illégal. Force est de constater que cela ne suffit pas. En marge du sommet des BRICS qui se tenait à Moscou, le gouvernement russe annonçait le 13 novembre débloquer 60 millions d’euros d’aide d’urgence en pétrole, pièces pour la rénovation énergétique et aliments de première nécessité. C’est la plus grande aide d’état jusqu’à présent.
La France ne peut pas rester immobile face à cette situation !
Au lendemain du 18 octobre, André Chassaigne, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale alertait le gouvernement français et demandait qu’une aide d’urgence soit débloquée, comme nous le faisons dans d’autres pays atteints de catastrophes naturelles. À l’initiative des élu.es communistes, plusieurs municipalités, comme celle de Paris, proposent de débloquer des moyens pour aider Cuba.
C’est dans ce contexte que le siège du PCF accueillera les 23 et 24 novembre prochains les 19e rencontres de solidarité avec Cuba.
Dans le même temps notre campagne de solidarité matérielle et politique continue et doit s’accélérer : multiplions sur tout le territoire les initiatives. Les permanences du PCF, en lien avec les associations de solidarité, doivent permettre la collecte à grande échelle, d’argent, de médicaments 1 et de produits de première nécessité à envoyer à Cuba.
Nous ne pouvons plus laisser les États-Unis décider de la politique étrangère de la France. Ensemble, nous pouvons forcer nos gouvernements à prendre leurs responsabilités et mettre en échec l’obsession des États-Unis de détruire la Révolution et le peuple cubain.
- Attention les médicaments doivent être complets et non périmés et la priorité doit être donnée aux antidouleurs, traitement du diabète, antibiotiques, matériels liés à l’injection de produits (seringues, aiguilles, poches…), lait en poudre (infantile ou pas), protections périodiques, préservatifs, matériel d’inhalation, matériel de soin, compresses… ↩︎
