Monsieur le Président,
Je voudrais vous remercier, ainsi que les autres membres du Bureau et le Secrétariat, pour vos efforts et votre professionnalisme. Nous remercions également les délégations qui ont participé de manière constructive à cette session.
Aujourd’hui, nous avons été témoins d’un événement sans précédent dans les 33 ans d’existence de cette Commission.
Il est regrettable que, en raison des positions extrémistes et inflexibles des États-Unis, la Commission ait été contrainte, pour la première fois, d’adopter ses résolutions par vote.
L’intransigeance de ce pays a brisé la tradition d’effort collectif qui a toujours caractérisé cette Commission, empêchant le consensus qui a systématiquement prévalu dans nos travaux.
Le comportement regrettable de ce pays ne va pas seulement à l’encontre des pratiques et des méthodes de travail établies par cette Commission –il est, en réalité, encore plus grave. Ce qui s’est déroulé aujourd’hui constitue une nouvelle démonstration de la volonté des États-Unis d’affaiblir et de rendre inefficaces le système multilatéral et ses institutions.
C’est bien cela, et rien d’autre, qui explique pourquoi les États-Unis nous ont forcés à voter aujourd’hui, dans une tentative délibérée de fragmenter et diviser les membres de la Commission. Jusqu’ici, cet organe a su préserver l’unité dans la diversité, principe essentiel à nos nations.
Voilà pourquoi les États-Unis ont tenté de supprimer toute référence dans nos documents au développement durable, à l’Agenda 2030 et ses objectifs, au changement climatique, à l’impact négatif des mesures unilatérales et au financement du développement, entre bien d’autres questions fondamentales.
Ces éléments sont indispensables à la communauté internationale, et en particulier aux pays en développement.
Comme toute œuvre humaine, les documents produits par cette Commission peuvent être améliorés. Toutefois, ces améliorations doivent respecter le patrimoine historique que nous avons construit ensemble au fil de nombreuses années.
Cette Commission n’est pas parfaite, et il y a toujours de la place pour des améliorations, un objectif sur lequel nous pouvons tous nous accorder. Mais on est loin des tentatives visant à la réduire à un forum non pertinent, ce que Cuba rejette catégoriquement.
Les États-Unis ont échoué dans leurs objectifs lors de cette session, car ils ont rencontré l’opposition ferme de l’immense majorité, y compris Cuba.
Ce pays ferait bien de reconsidérer et modifier ses positions extrémistes et inflexibles, à la lumière des défaites qu'il a subies lors des votes d'aujourd'hui. Mais nous ne sommes pas optimistes.
Nous devons nous préparer à faire face à des manœuvres similaires à l’avenir, visant à bloquer les consensus et affaiblir le système multilatéral. Face à une telle situation, une réflexion collective sur la voie à suivre s’impose.
Cuba sera toujours prête à participer aux efforts destinés à préserver et renforcer le multilatéralisme, pour le bien de nos peuples.
Merci beaucoup.