Lettre fraternelle d'Haiti a Cuba

Port au Prince, 22/02/2026- LETTRE FRATERNELLE D’HAÏTI À CUBA :

Deux peuples, une mémoire, une dignité

À nos sœurs et frères de Cuba, Aux mères courageuses de l’île rebelle, Aux médecins qui tiennent debout malgré le manque, Aux anciens qui portent la mémoire, Et au monde qui prétend encore croire à la justice,

Je vous écris depuis Haïti. Non pas comme diplomate. Non pas comme expert. Mais comme fils d’un peuple qui connaît la solitude internationale, les sanctions déguisées, l’abandon stratégique, les regards détournés.

Nous, Haïtiens, savons ce que signifie résister quand les grandes puissances décident d’étrangler plutôt que de dialoguer. Nous savons ce que signifie survivre quand l’économie devient une arme. Nous savons ce que signifie être punis pour avoir voulu être libres.

Entre Haïti et Cuba, il n’y a pas seulement la mer des Caraïbes. Il y a une fraternité historique. Il y a des médecins cubains venus soigner nos campagnes lorsque nos hôpitaux étaient en ruines. Il y a des étudiants haïtiens formés dans vos universités. Il y a des gestes de solidarité que nos peuples n’oublient pas.

Aujourd’hui, en vous regardant vivre, nous admirons votre résilience et votre dignité. Nous voyons un peuple debout qui dénonce.

Nous entendons les grands-parents privés de médicaments. Nous entendons les mères inquiètes pour leurs enfants. Nous entendons les médecins contraints de faire des miracles sans matériel. Nous entendons la fatigue, mais aussi la dignité.

Ce qui se joue à Cuba ne peut être réduit à une simple “tension diplomatique”. Lorsque l’accès aux médicaments est entravé, ce sont des vies humaines qui sont touchées. Lorsque les circuits bancaires sont bloqués, ce sont des familles qui souffrent. Lorsque l’approvisionnement en énergie est limité, ce sont des services essentiels qui vacillent.

Haïti sait ce que signifie être fragilisée par des décisions prises loin de ses rivages.

Nous ne parlons pas ici de géopolitique abstraite. Nous parlons d’êtres humains.

Nous ne venons pas attiser la haine. Nous venons rappeler un principe simple : La dignité d’un peuple ne se négocie pas.

Le peuple haïtien n’oublie pas la solidarité cubaine. Et dans l’épreuve, la mémoire devient engagement.

À la communauté internationale, nous disons ceci :

Les sanctions économiques ne sont pas des concepts techniques. Elles ont un visage. Celui d’un malade en attente de traitement. Celui d’un enfant dépendant d’un appareil médical. Celui d’un médecin obligé d’improviser.

On peut débattre des systèmes politiques. On peut discuter des modèles économiques. Mais on ne devrait jamais banaliser la souffrance humaine.

Haïti et Cuba partagent une histoire de résistance. Deux peuples nés dans le feu de la lutte contre l’asservissement. Deux nations caribéennes qui ont payé cher leur indépendance d’esprit.

Notre voix n’est peut-être pas la plus puissante dans les enceintes internationales. Mais elle est sincère.

Nous appelons au respect du droit des peuples à vivre sans strangulation économique. Nous appelons au dialogue sans punition collective. Nous appelons à une solidarité caribéenne renouvelée.

Que ceux qui parlent de droits humains les appliquent sans géométrie variable. Que ceux qui invoquent la démocratie n’oublient pas la dimension sociale de la vie. Que ceux qui prétendent défendre la liberté se souviennent qu’elle commence par le droit de se soigner, de se nourrir, de respirer.

Depuis Haïti, terre de mémoire et de lutte, Nous adressons à Cuba non pas une leçon, Mais une étreinte.

Deux peuples insulaires. Deux histoires de dignité. Une même mer. Une même volonté de ne pas plier.

Que la fraternité haïtiano-cubaine demeure plus forte que les vents contraires.

Avec respect, Un Haïtien solidaire.

Categoría
Relaciones Bilaterales
Solidaridad
RSS Minrex