Intervention de l’Ambassadeur Rodolfo Benítez Verson, Représentant permanent de Cuba, lors de la séance plénière d’ouverture de la Conférence du désarmement

Madame la Présidente,

La délégation cubaine vous félicite pour votre prise de fonctions à la Présidence de cette Conférence. Nous vous souhaitons plein succès et vous assurons de tout notre appui.

En 2026, la Conférence du désarmement se déroulera dans un contexte mondial de plus en plus dangereux et exigeant. 

Le multilatéralisme, la Charte des Nations Unies et le Droit International font l’objet d’attaques directes. La machinerie du désarmement des Nations Unies s’affaiblit et, au vu de tous, une nouvelle course aux armements est en train de se mettre en place.

Les dépenses militaires augmentent à un rythme accéléré et atteignent déjà un record historique de 2,7 billions de dollars. En 2026, un seul pays — les États-Unis — consacrera aux armements la somme exorbitante de 901 milliards de dollars.

Les arsenaux nucléaires sont modernisés et élargis, tandis qu’une rhétorique belliciste de plus en plus agressive se propage, au moment même où les accords de maîtrise des armements sont abandonnés.

De nouvelles technologies liées à l’intelligence artificielle, aux capacités cybernétiques, aux actifs spatiaux et à la technologie quantique sont de plus en plus utilisées dans l’industrie de l’armement, ce qui engendre de nouvelles menaces pour la paix et la sécurité internationales.

Alors que les dépenses consacrées à des armements toujours plus meurtriers augmentent, l’Aide publique au développement diminue rapidement.

Plus de 6,5 milliards de personnes, soit 8,2 % de la population mondiale, souffrent de la faim. Plus de 800 millions vivent dans l’extrême pauvreté. En pleine quatrième révolution industrielle, au moins 739 millions d’êtres humains ne savent ni lire ni écrire, dont les deux tiers sont des femmes.

Il est irrationnel que, sur notre planète, les investissements dans des engins destinés à tuer soient près de dix fois supérieurs à ceux consacrés à sauver et améliorer des vies.

Madame la Présidente,

Le Gouvernement des États-Unis pousse la planète vers l’anarchie et le chaos belliciste, et constitue une menace permanente pour la stabilité et la sécurité internationales.

Ce pays se retire des institutions multilatérales et, à leur place, fait la promotion de la loi du plus fort. Sa nouvelle Stratégie de sécurité nationale ne laisse aucun doute quant à ses objectifs hégémoniques.

L’intervention militaire brutale et injustifiée au Venezuela et l’enlèvement de son président constitutionnel, en plus de violer la Proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes comme zone de paix, témoignent d’un mépris total du Droit International.

Les États-Unis menacent ouvertement Cuba. De leur côté se trouvent leur puissance militaire colossale et l’ampleur de leur économie, ainsi qu’une vaste expérience d’agressions. De notre côté se trouvent la raison et le Droit International.

À Cuba, personne ne dicte ce que nous devons faire. Nous ne sommes pas disposés à céder aux menaces et au chantage, ni à renoncer à notre droit de construire notre propre destin, en paix avec le reste du monde.

Cuba ne menace ni n’agresse personne, mais nous savons nous défendre, et nous le ferons jusqu’aux dernières conséquences.

Madame la Présidente, 

L’élimination totale des armes nucléaires, de manière transparente, vérifiable et irréversible, est et doit continuer à être la priorité absolue dans le domaine du désarmement.

Nous plaidons en faveur de l’universalité du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, premier instrument international à établir que ces armes ne sont pas seulement inhumaines, immorales et éthiquement indéfendables, mais également illégales.

Jusqu’à ce que l’objectif du désarmement nucléaire soit atteint, il est nécessaire de négocier et d’adopter à la Conférence du désarmement, sans plus tarder, un traité par lequel les États dotés d’armes nucléaires donnent des garanties inconditionnelles et juridiquement contraignantes qu’ils ne les utiliseront jamais, ni ne menaceront de les utiliser contre les États non dotés d'armes nucléaires.  

La Conférence doit également négocier, sans délai, des instruments sur d’autres questions prioritaires, telles que la prévention d’une course aux armements dans l’espace extra-atmosphérique et l’interdiction de nouvelles armes de destruction massive.

Afin de progresser dans cette voie, on pourra toujours compter sur la position active et constructive de Cuba.

Merci beaucoup. 

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